08 mars 2009
Hi-Tech
Hi Tech.
Il faisait beau, ce jour là, très beau. Une journée de mars, méditerranéenne, ensoleillée et chaude que l’on savoure langoureusement, les crocus, iris et anthémis offraient, grands ouverts, leur pollen aux premières abeilles. Un très léger vent frais soufflait de l’ouest.
Je lézardais mollement sur ma terrasse, soigneusement protégé de la fine tramontane, une tasse de thé à la main, vautré sur un vieux fauteuil en rotin, quand je l’ai vu arriver, par l’ouest, comme poussé par le vent. Chaussures de sport imitation cuir à lacets, pantalon de toile vert et blanc, veste assortie ouverte sur un ventre rebondi et gilet jaune fluo. La tenue classique des employés des services techniques municipaux de notre bonne ville de Palavas les flots.
Notre homme poussait, lentement, sans effort apparent, un chariot composé de deux roues, d’un bâti de métal vert, prolongé d’une poignée de plastique blanc et à l’autre extrémité un cercle supportant un immense sac poubelle transparent et totalement vide. Sur le coté de l’engin, deux tiges de métal font office de râtelier aux outils indispensables à la tache de notre homme vagabond : une pelle au manche de bois patiné et au fer usé, et un balai en résine vert flambant neuf.
Il avançait d’une lenteur rare, comme ces gamins qui traversent devant votre voiture, large sourire aux lèvres, alors que le feu vient de passer au vert.
Jetant un coup d’œil à droite, au sud, vers la plage encore vide de touristes bruyants, un voilier au loin vogue vers l’horizon. Puis à gauche, au nord, ou les flamants roses et immobiles broutent inlassablement, le cul en l’air, la tête plongée dans l’eau stagnante de l’étang du Grec. D’un coup, sans crier gare, sans raison apparente, il s’est arrêté net, a fait un quart de tour plein sud, a grimpé son véhicule sur le trottoir d’autobloquants gris. J’ai pensé un instant à un papier gras et disgracieux qui d’un mouvement précis, deviendrait la première proie du sac auto-porté et toujours vide, mais non, aucun geste de la sorte.
L’homme me tourne le dos, maintenant, et je peux alors lire sur le gilet jaune, en lettres noires, la devise de notre individu : PALAVAS VILLE PROPRE. Brave homme !
J’entends comme une voix, semblant provenir de l’homme machine. Parlerait-il tout seul ? Appellerait-il la canette de bière vide, comme la fermière appelle ses poules ? Petit, petit, petit ! La phrase, bien qu’incompréhensible à cette distance, semble humaine et cohérente. La voix et puissante, comme celle des gens qui parlent peu, je perçois clairement quelques mots dans ma langue maternelle, me parlerait-il à moi ? De dos !
Le technicien municipal de surface déguisé en martien labellisé pivote doucement autour de sa monture, et je comprends enfin. Dans son oreille droite, jusqu’alors invisible, fermement enfoncé, un petit écouteur miniaturisé d’où sort un fil noir muni au niveau de la gorge, d’un mini microphone.
Un kit main libre !!!
Fourni par la Mairie ? J’espère de tout cœur que mes impôts ne servent pas à payer ce genre de connerie.
Incroyable ! Ce type pilote une poubelle à roulette dans les rues désertes et propres de Palavas et utilise un kit main libre pour ses communications téléphoniques.
La conversation cesse, notre chasseur de détritus descend de son trottoir et part, d’un pas de sénateur, vers le levant, où l’attendent, on l’espère, des prises miraculeuses et d’autres communications Hi-tech.
Je vais remplir ma tasse vide…
J.P. Mineur.
Palavas les flots, mars 2009.
21 février 2009
Anne McCue Ballad Of An Outlaw Woman
Version Live :
http://www.youtube.com/watch?v=uwPRmwRslRg
Les hommes : Ca sert à rien...
Moi, j'ai mon coin-coin chéri !
(Vendeuse dans une boulangerie de Montpellier-Ecusson).

20 février 2009
A la plage.
A la plage. Epi N° 26.
La mouette rieuse… Se moque
De l’étalage mou des baigneuses au sec,
Étalées … Ça et la.
Obèsiformes, stringophiles et somnolentes,
Ointes de tiaré synthétique, de monoï chimique.
Grasses de colorants dorés, luisantes d’huiles odorantes…
Promesses incertaines, de couleurs séductrices.
Le sein est lourd, la cuisse molle, la fesse large.
Le temps a fait son œuvre…
Le sable est Ennemi de toujours,
Il colle, s’infiltre, pénètre et entre.
Au plus profond de leurs secrets.
Elles le chassent d’un geste mais, colle dans la main.
Le vent, brise légère, et aussi Ennemi,
Il promène son allié le sable dans leurs cheveux
Blondasses, peroxydées,
Par ce qu’elles le valent bien.
Le gamin fait un trou, inexorablement,
Pelle, seau, main … creuser, creuser toujours
le remplir d’eau farceuse, insaisissable, et lourde,
Pelle, seau, main … remplir, remplir toujours.
En vain. Courageusement.
Il voudrait y mettre un bébé crabe, mais il est seul,
Et il a peur de l’animal caché sous les rochers.
La petite s’ennuie, elle a faim, elle a soif,
Cherche des coquillages, des petits tout nacrés…
Elle rajuste sans cesse son inutile haut,
Couleur Barbie, noué sur la nuque,
Tire sur l’élastique du bas, trop serré,
Les petits nœuds sur les cotés, lui entrent dans la chaire.
Qu’importe la souffrance, maman bronze…
Bientôt l’heure du goûté …
Le maître nageur musclé, bronzé et rassurant
Somnole sur sa chaise de géant.
Et pendant ce temps la …
De flemmards flamands, flous et flasques, flatulent sur les flots,
De l’étang immobile…
D’où l’odeur acre et nauséeuse…
De l’été. Qui s’approche !
JP. Mineur
Février. 2008. Palavas les flots.
Sophie.
Sophie.
D’abord, un petit coup, sec et léger, du bout de la langue
Raide et relevée mais encore un peu sèche,
Comme pour apercevoir le goût, juste un peu.
Puis du centre de la langue, fermement, remonter le globe savoureux.
Savourer davantage … Lentement, lèvres closes.
Retenir son souffle, laisser les saveurs fortes envahirent le palais.
Plier le cou doucement à gauche, lécher finement le coté droit
Du creux de la langue courbée.
Puis d’une aérienne caresse, le coté gauche.
Tenir la base, d’une main sure,
Remonter lentement, langue baisée, aspirer goulûment.
Retirer le suc. En garder le meilleur.
Sentir monter à la narine, les épices un peu fortes.
Lèvres entrouvertes, gober la pointe humide.
Douce et tendre succion … paupières closes.
D’un ongle, auriculaire et incontrôlé, repousser les cheveux,
Fins et dorés, collés au bord de la bouche
Gourmande, avide, maintenant affolée.
Nouvelles succions plus fortes. Encore et encore.
La langue s’emballe, les lèvres sont dures, les yeux sont clos.
Le temps ne compte plus. Rien ne compte plus
D’infimes gouttes de sueur perlent au front,
Figeant la jeune frange au reflet du soleil
Argent, or, blanc et noir.
Enfin d’un seul coup, sans prévenir, c’est la …
Le moment attendu, désiré …
Une larme perle à l’œil …
Le parfum merveilleux, la saveur suprême.
L’endroit ou, fusion des matières,
Osmose chimique incompréhensible,
Se mêlent, au bord du cône dur,
La vanille et la fraise,
De la glace en cornet de la petite Sophie…
Bien sage sur le banc du glacier catalan.
JP.M
Février 2008. Palavas les flots.
Rye. Portrait.
Les frères délicatesse.
Les frères Délicatesse.
Plan foireux.
- Salut Lucky
- Salut frérot, que fais-tu là, tu as une petite mine, des soucis ?
- C’est ma meuf ! Marie, On s’est engueulé ! M’a foutu dehors ! Depuis qu’elle ne bosse plus, elle est insupportable, l’ANPE, ça rend pas aimable.
- Encore… bon entres, tu veux une bière ? Et le canapé pour la nuit ?
- Non pas de bière ça me file du bide.
- J’ai une bouteille de blanc !
- Ok ça roule. Attend ! L’est ouvert le Jean Jean du coin de la rue Belle ?
- A cette heure la ! Sûrement ! Hé ! Y ne s’appelle pas Jean Jean mais Momo !
- tu laisses ouvert, je reviens !
- Prends de chips ou des trucs à grignoter, je n’ai pas grand chose à becqueter !
… /// …
- Y’a rien de tel qu’un bon casse dalle ; Demi-baguette, pâté de fois Olida, Côte du Rhône, c’est con, j’aurais du prendre des cornichons.
- J’ai pas !
- Et : Une bouteille de Scotch pour finir la soirée, J’ai arrêté le café, ça me donnait des aigreurs d’estomac. Le Scotch ça va. T’as des glaçons ?
- Au congel, sous les pizzas. Bon, racontes ?
- Ben, rien, un chômeur et une Nana qui bosse, c’est supportable c’est même plutôt cool, mais deux chômeurs dans un F1, la promise cuitée, comme disait Coluche, c’est vite le loft, et Marie, tu la connais, elle est mignonne, mais, ce n’est pas Johanna, puis de toute façon, on a pas de piscine ! Même pas de baignoire ! J’ai beau lui rabâcher que tant que l’Assedic me verse plus de mille euro par moi, ça serait con d’aller bosser. Elle ne comprend pas. Elle voudrait que je cherche, que je me bouge le cul, comme elle dit. Je ne vais quand même pas faire semblant de chercher du boulot ! C’est trop con. Non ?
- T’inquiètes ! Demain, ça sera oublié.
- Pas sur, elle m’a traité de minable, bon à rien, petite bitte, demi-portion, trou du cul, lopette et autre… Veut plus me voir chez elle ! Chez elle ! Je paye la moitié du loyer, de l’électricité, de tout… Chez Elle, Non mais ! La télé est à moi, la chaîne aussi. Je ne l’avais jamais vue comme ça, une vraie furie, remontée comme un réveil de smicard du bâtiment, elle gueulait comme un cégétiste à banderole place de la Bastille,
- Marie ? La Marie que je connais, la petite brunette souriante, mignonnette et timide.
- Ben oui ! Celle la, y’en a qu’une. Dis. Elle t’aime bien, toi. Evidement, un musico, artiste et tout, elle adore. Tu ne voudrais pas lui parler, essayer d’arranger les gamelles ?
- Ok. Si tu veux. J’y passerai demain, histoire de récupérer le CD de Jeff Beck que je t’ai prêté, et je lui parlerai. Bon tu choppes le duvet, en haut du placard, je vais te chercher un oreiller et je vais me pieuter, tu peux regarder la télé, moi j’ai un rencard de bonne heure demain donc : Dodo.
- Un rencard boulot ?
- Ouais, pour une musique, un générique de dessin animé, un manga à la con, une histoire capilo-tractée d’un gamin hanté par un ancien samouraï, qui doit se battre contre les forces du mal, venues, je te le donne Emile : Du fin fond des ténèbres obscures et nauséabondes. On prend vraiment les gamins pour des cons… Mais ça paye pas trop mal et y ne sont pas difficiles. Du moment que les mômes apprennent facilement le thème, et qu’ils le chantent à la récréation : sont contents. Après, ils vendent des gommes, des crayons, des chaussettes et autres avec la tronche du gamin-samouraï héroïque. Désolant mais lucratif…
- Capilo quoi ?
- Capilo-tracté : Tiré Par les cheveux
- OK. Bonne nuit.
- You to.
… /// …
- Tu rentres tard ! Alors, tu l’as vu, qu’est ce qu’elle a dit, elle est calmée ?
- J’y suis passé en début d’après midi. Calmée : oui mais toujours fâchée, elle a ses arguments la mignonne. D’après elle, t’es un sacré flemmard : Et y ne fait jamais la vaisselle, y ne range rien, laisse tout traîner, y fout ses clopes dans les pots de fleurs, y peut rester trois jours sans se laver, ni se raser, y sait même pas se servir de la machine à laver, y baise même plus…
- Elle a dit ça ?
- Bon ! Ecoutes, je ne vais pas te mentir. Cette nana n’est pas pour toi.
- Quoi ?
- Bon ! Je ne sais comment te dire, mais ça ne s’est pas passé comme je l’avais imaginé, c’est un peu compliqué. Cette fille en fait, ce n’est pas ce que tu crois, elle a besoin d’un mec, un male, pas un rêveur, chômeur pro comme toi, désolé, mais tu devrais laisser béton.
- M’enfin ?
- Voilà, on a parlé longtemps, calmement, gentiment. Se retrouver sans job pour elle c’est dur. J’ai essayé de la mettre en confiance, de lui assurer que tout aller s’arranger. Elle semblait mieux, sereine, m’a proposé un café, elle était toute gentille, dans sa petite robe légère, rouge a fleurs blanches. Elle a servi le café et s’est assise avec moi sur le canapé, et je ne sais pas pourquoi mais j’ai posé ma main, amicalement, sans malice, comme un grand frère… sur sa cuisse.
- Quoi ? Me dis pas que …
- Ben ! Elle m’a embrassé tout doucement, du bout des lèvres. Je te jure que c’est elle, juré. Et la, bon d’accord, j’ai eu un mauvais reflex, désolé !
- Que quoi ?
- J’ai remonté ma main jusqu'à la culotte. Realy sorry, mais cette fille est chaude, trop. Je n’ai pas pu résister. C’était animal, tu comprends, bestial, inhumain, pas réfléchi, je l’ai caressé, je l’ai fait basculer sur mes cuisses, j’ai remonté sa robe sur ses reins, baissé sa culotte et commencé à lui donner des petites claques sur les fesses. Devines quoi ? Elle m’a demandé de frapper plus fort… Elle a un cul magnifique cette nana, elle a glissé sur le tapis, et s’est retrouvée à quatre pattes, le cul en l’air, elle était chaude, offerte. T’aurais fait quoi à ma place ? Hein ! Du macramé en sisal de Colombie ?
- …Non au secours !
- Je l’ai pénétré, puis …
- Quoi ?
- Ben elle a un cul superbe, et en massant son petit trou, elle miaulait… Et, dis-moi pourquoi ? Tu ne l’as jamais prise par derrière. Hein ! Elle a joui comme une bête, et a voulu que je finisse dans sa bouche, c’est une vraie goulue, elle a tout avalé et m’a sucé jusqu'à ce que je sois tout mou… Elle a du voir ça sur Internet, c’est très à la mode c’est trucs.
- Du coup, ‘si j’ose dire’, j’ai oublié Jeff Beck, faudra que j’y retourne.
- Je suis mort, tu m’as tué. Pas Marie. C’est pas elle.
- Le pire c’est qu’après, elle était toute douce, toute câline, elle m’a proposé une petite bière, s’est servie un verre d’eau avec du sirop et des glaçons, s’est blottie contre moi sur le canapé et pendant que je buvais la Kro, elle me caressait la bitte et les boules… Et ça, ce n’est pas sur le Net. Cette fille n’est pas pour toi. Crois-moi. Faut avoir une mega-teub ignifugée, une sacrée santé et : ou de l’imagination ou une connexion haut débit.
- Mais elle veut bien parler avec toi, appelles la ou vas la voir. Mais si tu veux la garder, baises la, baises la, à fond, tu sais, les filles : Elles aiment ça. Le cul ce n’est pas une histoire QUE de mecs.
- J’y crois pas… Judas… Je t’envoie pour recoller les morceaux… Et tu baises ma nana sur mon canapé, tu l’encules sur mon tapis… Tu bois ma bière… Tu veux ma chemise ?
- J’aurais pu ne rien te dire, mais j’ai préféré que tu saches qui est vraiment ta Marie…
Appelles la, mais tu n’es pas obligé de lui dire que je t’ai raconté ce qui c’est passé. A toi de voir.
- J’y vais.
… /// …
- Allô ! Lucky ?
- Oui frangin.
- C’est la cata de chez Cata, ambiance veillée funèbre le jour du dernier tiers des impôts, elle me fait une gueule de six pieds de long, style la Joconde revue par un peintre suicidaire japonais, m’a juste dit qu’elle voulait que je me barre, qu’il n-y a plus rien entre nous, plus d’amour, même plus d’affection etc.… Etc.… Elle m’a interdit l’accès à notre chambre, j’ai du dormir sur le canapé, oui le canapé, le même, t’imagines la nuit. Je ne lui ai pas dis que je savais, mais je crois que ça l’amusait que je dorme sur ce canapé de merde… je n’ai pas eut droit à une petite bière moi ! Et pas de massage des burnes moi ! Rien !
- Ben ce n’est pas gagné, on dirait. Elles sont tenaces cette année.
- Qu’est ce que je deviens moi ? Je vais ou ? Qu’est ce que je peux faire ? Aides moi… Merde c’est un peu ta faute…
- Ha ! Ha ! Ha ! Ma faute, tu rigoles, tu partages ta vie avec une petite brunette superbe, vraie bombe sexuelle qui a le feu au cul, et Internet. Tu ne la baises plus et c’est de ma faute ? Ha ! Ha ! Ha ! Y’a un truc qui marche parfois, mais ça va être dur : Rends la jalouse…
- Hein ! Jalouse… Comment ça ?
- Tu es chez elle là ?
- Chez nous ! Tu veux bien ? Oui, chez nous. Assis sur Le canapé, les pieds sur le tapis… Je bois la dernière bière… Content de toi ?
- Elle t’a donné un peu de temps pour te retourner ?
- Ouais ! Mais le plus tôt sera le mieux d’après elle. Putain je suis mal Lucky, aides moi.
- Ecoutes moi bien ! On est vendredi. C’est un bon jour. Tu te laves, te rases, te fais beau, mets des fringues sympas et tu vas à la galerie marchande du super marché. Tu y passes la journée s’il faut mais tu choppes une nana, pas forcement un canon, juste une gonzesse, même moche ou grosse qu’importe. Tu dragues à fond jusqu'à ce que la fille ait envie de te revoir… Compris ! Ne cherches pas à la sauter, tu peux toucher, voire un petit bisou, mais t’en fais pas trop, et tu lui donnes ton numéro de téléphone chez Marie. Pardon chez vous. Dis-lui que ça serait gentil si elle appelait, ça te ferait plaisir etc.… Tu vois le truc ? Style collégien boutonneux enamouré.
- Jusque là, je comprends suis malheureux, paumé, mais pas débile profond.
- Bien, bravo ! Débrouilles toi pour que ta nouvelle conquête appelle quand Marie est là et tu la laisses décrocher, avec un peu de chance ça peut déclencher une scène de ménage et là, c’est gagné. Et pendant la réconciliation, n’hésites pas… baises-la. Baises la… bien à fond.
- Tu n’as pas plus vicelard comme plan ? Tu lis trop de Manga toi !
- Si mais on le garde comme plan B, Ok ?
- Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que ça pue un peu ton truc.
- Pour info, Marie m’a laissé un message… Elle voudrait me voir… Ca ne pue pas ça ?
- Ok. Après tout on peut essayer. Je vais sous la douche. A plus.
… /// …
- Salut Lucky !
- Tiens ! Petit frère, entres, racontes, quoi de neuf depuis hier, comment va ta Dulcinée au cul de rêve ?
- J’ai honte, me sent mal, très mal, sale, jamais été aussi mal. Je veux mourir.
- Allons donc, qu’est ce qui ce passe encore ? Vu ta tête, mon plan n’a pas marché ! Allez, vide ton sac. Poses tes fesses et racontes.
- Ne me parles pas de fesse, plus jamais. Ben, j’ai fait comme tu m’as dit, hier après midi, suis allé au centre commercial, j’ai fureté un peu, ça et là. Après quelques touches infructueuses, suis tombé sur une blondinette, la trentaine, un peu rondelette, très rondelette, voire hypertrophiée de la poitrine même. Le genre jupe courte, string apparent, bottes fantaisies, décolleté provocant, parfum bon marché et vernis à ongles blanc avec strass. Je la baratine un brin, la fait rire. Elle accepte de prendre un verre au bar de chez Flunch, je lui prends les bouts des doigts, je lui caresse la main. Tout allait bien. Je n’ai rien vu venir. Nous échangeons nos téléphones, j’ai tout fait comme tu m’avais dit. Elle m’a proposé de marcher un peu, du coup je la raccompagne jusque chez elle, une jolie petite maison d’une rue voisine. Là, ça c’est gâté. Je ne sais vraiment pas pourquoi, mais, devant la porte, elle m’a roulé une pelle, mais alors la mega-pelle baveuse qui annonce les grands soirs, les nuits lubriques, la débauche extrême. Je lui chope un nichon, énorme, dur, chaud, le malaxe. Je lui passe la main sous la jupe, je lui attrape la fesse, j’étais fou, je bandais comme un pendu au gibet. Elle me prend par la main et me fait entrer chez elle. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir qu’elle était complètement à poil, plus qu’a poil. Ca sentait le rut. Elle s’est jetée sur moi, m’a enlevé mes fringues, toutes mes fringues, m’a pris par la queue et m’a entraîné dans la chambre.
- Et c’est pour ça que tu fais cette tête ? Plutôt sympa comme plan !
- Pas vraiment, oh non ! Car dans la chambre, sur le lit, il y avait déjà un mec, pas un mec, non, un monstre, type rugbyman, un bon mètre quatre-vingt dix, plus de cent kilos, complètement nu, le crane chauve, poilu de partout, avec une énorme queue entièrement épilée. Tu vois le tableau ? Il souriait bêtement, sans rien dire. C’est elle qui a dit : - Ça ne te dérange pas que mon copain participe, on aime bien à trois…
- Ha ! Ha ! Ha ! Et alors, elle était bonne ta Hard-touzeuse ?
- Ca a duré, des heures. Toute la soirée et une bonne partie de la nuit, ils doivent avoir Internet eux aussi, j’ai du attendre qu’ils s’endorment pour pouvoir m’échapper. Tu ne peux pas savoir… Comme j’ai très, mais vraiment très mal au cul.
J.P. Mineur, Palavas les flots février 2009.
18 février 2009
Ecume.
Écume
Juste un pied, Hou-la ! … 10°, 11° pas plus.
L’autre. Peut être 12°, guère mieux.
Retrousser, un peu plus, les jambes du vieux treillis,
Vieillis, usé, trop de lavage, trop de soleil,
Les rares poils sur les mollets virevoltent doucement
À la brise légère.
En quelques instants seulement la peau immergée, rosie
Et blanchie sur les cotés semble insensible au va et vient,
Doux clapotis, frais, vivant, éternel
De la Méditerranée.
13° à tout casser…
La cigarette, roulée se consume entre ses doigts ridés et jaunis
Ils ont tant serré, tant travaillé, tant caressé.
Bien inutiles maintenant…
Allez 13°, c’est mon dernier mot Jean Pierre …
13° degrés dans l’eau, c’est bien pour février.
La plage est vide, quelques mouettes, blanches et argentées,
Tournent sans bouger, à l’affût, d’un maigre poisson.
Assis, calé à un rocher, de l’épi artificiel, protecteur de tempête,
Terrain d’aventure de jeunes téméraires insouciants estivaux.
Aujourd’hui déserté.
Il sourit - un reflex - à la mer.
Le cœur n’y est pas, des souvenirs reviennent, chargés d’odeurs suaves,
De saveurs douces, d’images de beauté, de jeunesse passée, de blondeur enivrante.
Le temps s’est arrêté.
Allez encore une petite… Une main contre le faible vent,
Le briquet dans l’autre, la flamme monte au ciel,
Légère aspiration, la fumée dépose au palais
L’amertume coutumière du tabac blond et chaud.
Le regard vague, presque vide, posé sur l’horizon
S’accroche par instant au sommet d’une vaguelette
Pour chercher une réponse aux questions non posées ?
Le bruit du ressac, faible, répété sans cesse
Comme un message venu de temps immémoriaux,
Hypnotise peu à peu. Repos de la mémoire…
Un chien noir, vagabond, passe au loin, sur la plage.
Le ciel est bleu, argenté, absent de nuage, immobile, léger.
Il se souvient des années de labeur.
Des blessures, des souffrances.
Par amour, pour chérir celle qui n’est plus là
Pour entendre son rire, sentir sa chevelure.
Maintenant il pleure, sans haine, sans colère.
Sans désir, sans avenir.
En contemplant l’écume.
Au sommet de la vague.
JP.M
Février 2008. Palavas les flots.
22 janvier 2009
Clown. Aérographie.

Lettre à Mr Just One
Lettre à M. Just One.
A l’heure de ma ration quotidienne de nourriture terrestre (Tomate, concombre, oignon et boite de thon au naturel –130 g poids net égoutté) et dans l’attente d’une quelconque Californication télévisuelle de 20°45’. Y-a un type, dans ma télé à écran plat qui me parle de papier toilette ! Ma curiosité naturelle m’oblige donc (Grand merci à M. Télé Commande) à couper le son de ce brave vieil Jeff Beck et sa Strato nasillarde pour écouter le marchand de PQ.
M. Just One… Le mec en question nous propose sans rire de nous torcher le fion avec UNE feuille de papier, juste une feuille.
Faut vraiment être le dernier des radins pour rationner, en temps de paix avec nos amis allemands, le papier à torchage !
Mais cet individu nous parle de notre intimité la plus profonde, du plus secret des actes que commet l’humanité tout entière, bien plus intime que notre vie sexuelle.
Nous avons tous du supporter, un jour, le récit Homérique, d’un tirage de grosse dans les poubelles de la rue voisine par un pote un peu ivre et trop bavard…
Ou les prouesses hystériques et nymphomanes, d’une secrétaire en bas résilles et « pas de culotte » …
Mais, jamais, la description détaillée d’un essuyage de trou après coulage de bronze.
Jamais personne ne précise lors d’un repas entre amis, s’il passe par-devant, entre les cuisses, penché en avant ou par derrière, reins cambrés, pour atteindre le centre du fondement.
Jamais la moindre indication sur la quantité ou qualité de support utilisé à ces fins…
Et la, le mec y se pointe, entre la poire et le fromage et sous prétexte de sauvegarde de la planète, et d’économie d’énergie, il te fourgue son papier mono feuille à usage unique.
Il ne manque pas d’air M. Just One.
J’aimerai bien le voir, M. Just One. Un lendemain de Beaujolais nouveau, nu sur son trône de céramique blanche encore immaculée, la feuille en main, la bouche encore pâteuse des saveurs de banane, cassis, noisette ou autre (suivant les années, le goût change, pas les lendemains), le crane lourd, des perles de sueur accrochées aux tempes, le ventre douloureux.
Après largage, il s’interroge M. Just One. Est ce fini ? Car s’il torche maintenant et qu’il reste une petite giclée, c’est l’angoisse suprême, même M. Hichkock (pourtant connu comme Le maître de l’épouvante) n’a pas osé. Hé ! Oui s’il épuise sa dose quotidienne de torche cul, Sa feuille unique. Ben ! Faudra attendre demain… Ou laisser sécher.
S’il vous plait ! M. Just One. Ecoutez-moi ! J’ai vécu des traversées de couloir entre les gogues et la salle de bain, cul nu, froc aux genoux, marchant en canard, affin de finir le boulot avec la petite éponge du lavabo, coté vert, coté gratounette, tellement le problème était persistant. J’y ai laissé quelques poils…
La feuille unique, c’est pour sado-maso, tendance scato. Y’a des revues pour ça ! Pas entre le journal de 20° et les Experts ! S’il vous plait M. Just One.
Alors votre idée, M. Just One, elle est nullisime.
Pour parfaire ma connaissance du produit, ma curiosité naturelle (encore elle), reprenant le dessus et de passage dans un super marché, dont je tairais l’enseigne tellement je méprise ces gens qui malheureusement sont les seuls à vendre ce genre de produit à des kilomètres à la ronde, je suis tombé en arrêt devant votre, soit disant, révolutionnaire essuie derche.
Ho ! Le filou, Ha ! Le gredin… Sauvegarder la planète, économiser l’énergie !!!
Il est trois fois plus onéreux qu’un PQ normal, ton ramasse merde, donc six fois plus qu’un low cost (qui je l’avoue sans honte, me donne entière satisfaction)
Ha ! Tu veux lutter ! Une feuille de Just One contre six de mon bon vieux papier rose !
Choisi ton camp camarade !
Ma prudence légendaire m’a donc fait conserver mon torche fion habituel.
M. Just One ton idée, elle est nulle à… chier…
Jean Pat, Palavas les flots août 2008
